Discours de Philippe GOUJON au Comité départemental du 28 juin 2018

Retrouvez ici le discours de Philippe GOUJON à l’occasion du dernier Comité départemental de la Fédération de Paris avant les élections internes des 13 et 14 octobre 2018


Comité départemental
Fédération de Paris LR
28 juin 2018

Cette réunion de notre conseil revêt pour moi un aspect particulier et à vrai dire un peu personnel.

D’abord, bien sûr, et je commencerai par là parce qu’il s’agit de la présentation de la nouvelle équipe fédérale mise en place par notre SD, Geoffroy Boulard, nommé en avril par notre président Laurent Wauquiez.

Je crois qu’il ne pouvait faire de meilleur choix, mon cher Geoffroy ; nous avons pris l’habitude et je dirai même du plaisir à travailler ensemble, notamment lorsque tu étais SDA dans la précédente équipe de F Pechenard, que je félicite aussi pour son action à mes côtés, et aussi depuis que tu es devenu Maire après l’élection de B Kuster, nos 2 mairies se ressemblant à maints points de vue, là aussi, nous avons engagé une collaboration étroite. Tu es aussi bon SD que tu es bon Maire.

Je me réjouis de travailler avec toi : dans l’intérêt de notre Mouvement, car j’apprécie tout particulièrement ta fibre militante, ton dévouement au service des militants auxquels tu consacres tellement de temps, notamment dans toutes les réunions locales qui font la richesse de la vie militante, ta loyauté à mon égard et à celle de notre parti, comme ta compétence et ton efficacité.

Tu nous présenteras dans un instant ton équipe qui s’est déjà mis au travail ; ils ne vont pas chômer en raison des échéances qui nous attendent et de l’œuvre de reconstruction à laquelle nous nous attelons après la déflagration des présidentielles.

Ensuite, à titre plus personnel cette fois, je voudrais aussi vous annoncer que c’est la dernière fois que je préside notre Comité départemental après avoir pris la résolution de ne pas renouveler ma candidature lors des élections internes des 13 et 14 octobre prochain.

J’en aurai pourtant la force et l’envie, voire l’enthousiasme, ne me manquent pas comme au premier jour de mon engagement militant, pour continuer d’assumer les responsabilités de président de la première Fédération de France, cette fédération aussi turbulente qu’attachante et riche en talents, cette fédération que je connais si bien de l’intérieur avec toutes ses subtilités, comme tu as commencé à la découvrir, cher Geoffroy.

Comme toi, je ne me suis jamais lassé de pratiquer ses élus, ses cadres et ses militants sans modération, m’efforçant d’entretenir avec eux tous ou presque tous des relations apaisées, comme avec l’échelon national, tout en préservant l’identité de Paris et en défense scrupuleuse, voir acharnés, de ses intérêts.

Mais, peut-être avant tout, vous savez combien j’ai viscéralement la passion du militantisme, - c’est ce qui doit caractériser en premier un bon Président - passion à laquelle je me voue depuis mon plus jeune âge, ayant toujours eu à cœur de servir la famille politique à laquelle j’appartiens par conviction et n’ayant jamais failli, plaçant toujours l’intérêt général au-dessus de tout, guidé constamment dans mon action par le respect des règles démocratiques, la transparence, l’éthique et l’équité.

Et c’est avec un enthousiasme intact que j’ai vécu à vos côtés cet engagement militant que nous avons en commun, que nous avons vibré à l’unisson, partageant les joies des victoires, telle l’extraordinaire présidentielle de 2007 ou celles des régionales d’Ile de France, comme les déceptions qui, à vrai dire, n’ont pas manqué, notamment tout récemment jusqu’à risquer de nous faire disparaître…

Et je ne voudrais pas assister à l’affaiblissement de notre Fédération, divisée excessivement tout au long d’une longue campagne interne, déclenchée prématurément.

Au cours de toutes ces années, vous n’avez jamais flanché, ni renié – pour la plupart – votre engagement et nous avons ensemble surmonté toutes les épreuves. Il faut avoir les reins solides, et surtout avoir poursuivi un vrai parcours de militant !

Au-delà, j’ai voulu tisser des liens personnels avec tous ceux, issu de toutes les sensibilités, dont l’engagement était sincère et résolu car rien ne peut se construire sans la confiance et l’amitié, encore moins dans l’affrontement et la mise en cause des personnes, toujours stérile.

Les militants, il faut les aimer et ça ne s’improvise pas du jour au lendemain. Ou on les aime depuis toujours, ou on fait autre chose.

Cela n’empêche pas les débats, mais je sais bien que malgré nos différences, parfois nos divergences, ce qui nous unit tous c’est notre passion pour Paris.

C’est pourquoi, en plus d’être parmi vous le premier des militants de notre Fédération, et c’est mon plus beau titre, j’ai voulu être aussi le premier artisan de l’Union.

Mon action politique depuis que je préside cette Fédération s’est toujours inspirée de ce principe dont je me suis efforcé d’être le garant, en appliquant une règle imprescriptible : toujours faire gagner mon camp et notre Ville et en assurant en notre sein la représentation la plus harmonieuse possible de la diversité des filiations politiques qui font la richesse des traditions politiques que nous représentons, gaulliste, libérale, centriste ou radicale.
Que chacun trouve sa juste place et soit à l’aise dans notre Fédération.

C’est sur ce socle solide que vous m’avez renouvelé votre confiance depuis ma première élection, dès le premier tour, à la Présidence dès 2002, lors de la création de l’UMP jusqu’à l’élection de janvier 2016 au suffrage universel des adhérents et à chaque fois au premier tour !

Soyez en remerciés !

Comme je ne remercierai jamais assez les SD successifs qui m’ont tant apporté. Sans tous les citer même si aucun n’a démérité, j’aurai une mention particulière pour Jean-Didier Berthault, dont la compétence et la finesse d’esprit ont été d’un grand apport et qui m’a demandé de l’excuser ce soir auprès de vous, mon ami Jean Jacques GIANNESINI, le meilleur des militants de la Fédé qui a consacré sa vie au militantisme dans un arrondissement parmi les plus difficiles et avec efficacité, discrétion, loyauté, bref le militant modèle, allant au contact dans les stations de métro à 7h du matin et continuant dans les tours HLM à 18h. Son moteur à lui, ce n’est pas l’ambition, mais c’est juste la conviction… et l’amitié.

Depuis l’âge de nos 20 ans, avec un certain Nicolas Sarkozy, nous sommes toujours restés fidèles à nos convictions, à notre mouvement, sans en changer au gré des circonstances, comme c’est aujourd’hui trop souvent le cas.

Alors oui, si être engagé pour les idées auxquelles on croit, fidèle à son parti, présent inlassablement sur le terrain, tout en restant humble, discipliné et éthique c’est appartenir à l’ancien monde, c’est un honneur d’y appartenir !

Aujourd’hui, après ces 15 années au service de notre Fédération, est largement venu le moment de laisser ma place pour permettre le renouvellement, comme pour me consacrer entièrement à l’élection municipale dans le 15ème, cet arrondissement gigantesque qui envoie 18 conseillers de Paris siéger à l’Hôtel de Ville et qu’il nous faut absolument remporter en 2020 dans la nouvelle situation politique qui est la nôtre où toutes les cartes ont été rebattues.

J’y mettrai toute mon ardeur et une détermination farouche ; je dois m’y consacrer complètement. J’ai aussi cette lourde responsabilité vis-à-vis de vous et de notre Mouvement : que la 8ème collectivité de France (le 15ème) continue d’être gérée – et bien gérée, je crois – par les Républicains.

Je continuerai bien sûr, sous une autre forme, à apporter mes conseils – si on les sollicite- et ma contribution militante au bon fonctionnement de notre fédération, au renforcement de notre appareil militant pour conforter notre place de première fédération de France !
Cela passera toujours par un travail de terrain ; encore plus minutieux et approfondi, dans chaque secteur, dans chaque quartier, sans négliger l’implantation dans la société civile, telle la vie associative, les administrations, les entreprises, les communautés, et toutes les instances de démocratie locale, quadriller plus encore les secteurs par bureaux de vote, notamment ceux où il y a un potentiel de voix à mobiliser, mais en fonction d’une grille d’analyse nouvelle tant la situation post présidentielle a fait bouger les lignes.

C’est évidemment dans les arrondissements de reconquête qu’il faudra continuer à faire porter l’effort principal, même s’il est impératif aujourd’hui de remobiliser les électeurs qui se sont détournés de nous et aller bien au-delà dans la mesure où la recomposition des forces, même si elle est éphémère doit nous amener à reconsidérer notre approche des différentes échéances en reconquérant notamment un électorat populaire en perte de repère.

Donner aux Jeunes Républicains, qui ont été de tous les combats avec leurs délégués, et notamment Louis Soris, la place qui leur revient, en leur attribuant un tiers des candidatures aux prochaines municipales.

Intégrer toujours mieux les nouveaux adhérents pour un accueil mieux organisé.

Développer l’e-militantisme par des approches nouvelles et notamment par des consultations sur des thèmes parisiens, par exemple, pour incarner le parti du débat, rééditant aussi nos états généraux et nos ateliers de la refondation.

Faire de la Fédération une véritable base logistique d’appui aux circonscriptions ! Mutualiser des permanences, des opérations de tractage et de porte-à-porte.

Ce sera d’autant plus pratique à mettre au point avec la territorialisation de l’action de la fédération par la nomination de trois secrétaires départementaux adjoints.

Cette territorialisation s’exercera désormais dans un nouveau cadre : celui des arrondissements ou plutôt des secteurs- puisque les 1,2,3, 4 formeront un secteur -, cadre beaucoup plus approprié à Paris que les circonscriptions législatives, d’abord parce que les 18 circonscriptions actuelles sont appelées à disparaître, remplacées par 10 circonscriptions nouvelles d’environ 250 000 habitants, auxquelles s’ajouteront 60 députés élus à la proportionnelle – dont peut-être, j’espère, des Parisiens.

Les arrondissements qui, de surcroît, ont une vraie existence sociologique et politique, seront nos prochains objectifs, une fois passées les Européennes-, en vue de la Municipale de 2020. Et même si la popularité du Président reste haute chez nos électeurs, ne soyons pas hypnotisés par cet état, toujours éphémère, qui plus est dans une élection qui a un rapport assez lointain avec les Municipales.

Constatons plutôt que nous sommes fortement implantés grâce à vous tous dans les territoires parisiens contrairement à En Marche, que nous avons, nous, de vrais militants, que nous connaissons parfaitement les dossiers parisiens et qu’en liaison permanente avec le groupe des Républicains de l’Hôtel de Ville, très bien dirigé par Florence BERTHOUT, nous sommes très présents sur la scène politique parisienne sur tous les sujets, présentant des propositions concrètes en substitution à la politique calamiteuse de la Maire de Paris, comme première force d’alternance à l’équipe actuelle qui accumule les échecs et les erreurs au détriment de la vie quotidienne des parisiens.

Les critères de choix des électeurs sont très différents aux municipales par rapport aux présidentielles et aux législatives.

Sans compter que la bataille d’égos des « petits marquis » de la Macronie fait déjà rage, mais seul le « grand chef » tranchera pour désigner le candidat du pouvoir central sur le perron de l’Élysée ! ça ne vous rappelle pas quelque chose ?

Il nous reste quand même à trouver notre Chirac ! Mais vous voyez bien que, même si ce n’est pas gagné, nous possédons des atouts non négligeables, ajouté au fait que la Maire de Paris est vraiment en perte de vitesse, même s’il ne faut pas la sous-estimer, d’autant plus que des électeurs de gauche déçus par Macron, reviennent vers elle massivement.

En tout cas, les Parisiens sont las de près de 20 ans de socialisme. Ce qui est certain : c’est que le paysage politique issu des Municipales ne ressemblera en rien à celui que nous connaissons. Nous pouvons vraiment tirer notre épingle du jeu. A condition de nous y consacrer totalement dès maintenant, d’identifier les nouveaux talents, d’élaborer un projet qui corresponde aux préoccupations des parisiens, de démontrer notre capacité à travailler ensemble, tant nous sommes le pivot de toute reconquête de la capitale.

Il nous revient désormais d’inventer la Ville de demain dans un « Grand Paris », cadre adapté pour apporter des solutions aux problèmes urbains et confier aux maires d’arrondissement la gestion des politiques de proximité.

L’accession sociale à la propriété, la promotion du petit commerce de proximité, le développement économique et la ville connectée, la baisse des impôts et de l’endettement, une extension de la vidéoprotection avec une police municipale, le rayonnement international et culturel de la Capitale, une ville plus écologique, plus propre et mieux desservie par les transports en communs, une aide aux familles et pour maintenir les classes moyennes notamment grâce à des logements appropriés et des crèches, sont les directions dans lesquelles nous devons nous engager.

Quant à notre opposition au plan national, il ne me semble pas que nous soyons non plus totalement démunis.

En dehors d’une centralisation extrême du pouvoir entre les seules mains d’un Président - clef de voûte de tout un système et qui repose beaucoup sur la maîtrise de sa communication, ordonnant de son Olympe à un gouvernement, une assemblée nationale et un parti inexistants, les Français sont d’abord en attente de résultats.

Mais sont-ils satisfaits de la hausse de la CSG, de la baisse du pouvoir d’achat, des politiques migratoires et de sécurité, etc ? Après un an de pouvoir absolu, le bilan est mitigé et une majorité de Français le désapprouve.

Il reste à démontrer aux électeurs de droite, que malgré un certain nombre d’avancées non négligeables, le Président mène une politique sociale démocrate ou sociale-libérale très éloignée du projet auquel nous adhérons.

Le rôle des Républicains est essentiel, car nous sommes la seule force d’alternance crédible en dehors des extrêmes qui, si nous échouions, deviendraient le seul recours des Français, menant notre pays à sa perte. Nous ne devons pas laisser face à face En Marche et les extrêmes : c’est notre devoir.

Le jour viendra, peut-être proche, où les Français sortiront de l’illusion et de la confusion ; les retournements de ce type n’ont pas manqué ces derniers temps ! Nous devons être prêts ce jour-là à assumer les responsabilités du pouvoir pour mener, enfin, la politique de nature à redresser vraiment le pays.

Jusque-là, surmontons l’épreuve, comme d’autres auparavant, ensemble préparons l’alternance, soyons actifs et fidèles aux Républicains, avec nos sensibilités, et ayons confiance. C’est la seule voie qui nous soit permise. Ne nous trompons pas ! Il n’y a pas d’autres recours.

Fort de notre engagement, de notre mobilisation, et de notre cohésion retrouvée, je suis convaincu qu’ensemble, avec notre nouvelle équipe fédérale, nous y parviendrons.

Les victoires à venir sont à notre portée pour peu que nous en ayons réellement envie. Démontrons à tous ceux qui en doutent notre unité, faisons de Paris un exemple pour LR !

Ensemble nous forgerons le fer de lance de la reconquête de la capitale et du pays, ensemble nous gagnerons !